A La Septième,

Rue ParChamps.

La lexicomania envahit les villes et les milieux autorisés. La chasse aux sorcières du vocable est ré-ouverte : tous les mots incorrects, les mots tabous sans exception seront remplacés, brimés ou brulés en place publique et médiatique. Ah bon.

Intrigué, je suis allé à la recherche de ces mots et expressions. Je vous livre un petit échantillon pour illustrer cette nouvelle peur des mots qui nous gagne : passer au karcher, apartheid social, pays de M...., handicapés, clochards, chômeurs, islamistes, le genre, gouine, dame pipi, putain, nègre ... Etc. 

Pendant mon enquête en Vocabulaire, j’ai déniché une pépite : le terme « nègre » (du latin niger : « noir », qui a donné Niger, et Nigéria) avait été imposé en son temps comme terme jugé neutre et respectueux par opposition au terme « sauvage ». Aujourd'hui connoté très négativement, il est cependant accepté dans l'expression « art nègre » (source wikipédia) et celui d’écrivain pour le compte d’un autre (qui est souvent blanc). Cette épopée d’un mot controversé remet à sa juste place l’incorrection. Et il n’est pas unique dans ce cas.

Tous ces mots discrédités, dénoncés comme incorrects sont ensuite lissés, policés et maquillés en expressions comme personnes à mobilité réduite ou sans domicile fixe ou sans emploi, etc .... qui en disent moins avec plus de termes. N’empêche que tous ces vocables aseptisés sont devenus la matière première de la langue de bois et d’une novlangue (invention d’Orwel pour son roman1984) qui depuis s’est mondialisée. Mais cette lexicomania qui se réduit en une peur des mots ne date pas d’hier. Les mots précieux, les mots crus, les gros mots sont ignorés ou limités à des cercles d’individus très fermés, aux pages des dictionnaires et aux oeuvres fictives. En ces lieux, les mots incorrects, expressifs, parlants, offensants parfois, mais vrais peuvent encore s’exprimer. Un peu.

Alors vive les mots neutres qui redonnent un pouvoir aux autorités et au clergé des textes, gardien du vocable : les média. Je vous conseille donc de tourner sept fois la langue dans votre bouche avant de parler. Et ne vous plaignez pas car malgré tout il vous reste tous les mots courants, les mots doux, les jargons techniques pour communiquer. Mieux que rien.

Demain les 300 à 3000 mots qui nous restent (selon les individus) vont se réduire à combien ? Serait ce un signe de crise ? Serons nous encore capables de dire des choses typiques, précises, fines ou nouvelles avec que des mots neutres à disposition ? Nous allons vivre dans un monde docile, lisse et monotone où nous dirons tous à peu près la même chose avec les mêmes mots. Quel horreur ! Mais où est donc passé la liberté d’expression, l’esprit du début janvier 2015 ? A la trappe ... puisqu’elle dessert les intérêts de l’élite qui ignore que le “politiquement correct “ a été inventé par les milieux marxistes français. Puis elle a été récupérée et mise en pratique par les élites bien-pensantes ... américaines et recopiées ! Véridique.

« Mais Messieurs, ce ne sont que des mots, pas des actes ! Des bons mots, des mauvais, des inoffensifs, des offensants ... mais des mots vrais consignés par l’Académie. Rien de grave, bien au contraire. Voilà pourquoi nous aimons jouer avec eux, les triturer, les inventer. Le terme Lexicomania créé pour l’occasion en est la preuve. Et le mur “aux mots vrais incorrects“ situé Rue Parchamps est un acte de rébellion. Alors n’hésitez plus, employez des mots vrais incorrects à bon escient. A vos risques et périls. Mais bonne nouvelle : l’inquisition et la peine de mort sont abolies“. Dixit les Lexicom, auteurs de cette performance, que j’ai interviewés.

De La Septième.
lexicon alias w.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Politiquement_correcthttp://fr.wikipedia.org/wiki/Novlangueshapeimage_7_link_0shapeimage_7_link_1

De notre envoyé spécial en Vocabulaire (France).

« nous voulons rendre hommage par un petit florilège de vrais mots incorrects. Je cite : au karcher, je passerais l’apartheid social qui sévit dans notre pays de M.... habité de handicapés, de  clochards, de chômeurs, d’islamistes, de je suis charlie (quoique de moins en moins), ... etc, etc, etc »