La nuit, le canal,

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ON y va (conte).


J'ai fréquenté les ON des mois durant. Je les ai observés se grouper, se dégrouper, s'amalgamer, se désolidariser, se défiler, etc. Ce travail était nécessaire : je voulais me faire une opinion avant d'écrire ma note d'enquête pour  Corpo Socio, la haute autorité qui veille sur le corps social.


" ON est notre ami intime à tous et un pronom impersonnel indéfinissable, universel et fort commode ... car ON lui fait dire ce qu'ON veut. Et je te glisse un petit ON par-ci, un autre par-là pour faire valoir et donner du poids à mes opinions. Il est le porte parole des toi, nous, eux, ils, elles. ON l’emploie au noir. Je veux dire de manière déguisée... pour éviter qu’ON nous taxe de parti pris et surtout pour ne pas citer celui ou ceux dont ON parle. C’est une pratique courante de notre langue actuelle, Même vous, non ? ...


ON est un personnage invisible, invincible et influent qui échappe à toutes les autorités et qui se prête à toutes les récupérations. Et soyons franc : ON est souvent une cachette de Je qui n'ose pas dire son nom ni ses opinions directement. Et pour tout dire, nous parions sur une multiplication des ON car elle permet à tous les JE de faire ON quand ça les arrange.Mais c'est un mal nécessaire car du coup les JE gardent un minimum de lien social, de corps social.


Résumé : laissons aller le ON. Dans un monde égoïste, il est vain de tenter de le désemployer. Non, il faut le favoriser car c'est le seul moyen de faire corps social avec des individualistes. Et comme la mission de Corpo Socio est de créer du lien social, je vous préconise de lancer une grande campagne nationale de promotion des ON qui décupabilisera son emploi. ON en reparle !


La suite (clic).

Corpo Socio

Le conte des ON ...

murmures  ...